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Crue de l’Arbonne du 26 juillet 2019 : l'action des services de l'Etat

 
 
Crue de l’Arbonne du 26 juillet 2019 : l'action des services de l'Etat

Le département de la Savoie a connu vendredi soir un épisode orageux violent, localement très intenses, ayant généré des phénomènes naturels très inhabituels ayant ainsi perturbé le bon déroulement du Tour de France.

L’importance et la soudaineté de ces phénomènes ont conduit la Préfecture, le groupe ASO organisateur du Tour de France, le Conseil Départemental de la Savoie et les collectivités locales à prendre des décisions en temps réel qui s’imposaient pour la sécurité des coureurs et du public.

Parmi ces évènements, une lave torrentielle remarquable s’est notamment produite dans le torrent de l’Arbonne à Bourg-Saint-Maurice. Le volume de matériaux transporté par la lave, entre 80000 et 100000m3, soit plus d’une vingtaine de piscines olympiques, en fait la plus importante lave torrentielle depuis une dizaine d’années en Savoie. L’Arbonne n’avait pas connu une telle crue depuis le 24 juillet 1996, crue majeure encore dans les mémoires. Le torrent avait à l’époque débordé en plusieurs points, impactant certains ponts et bâtiments. 900 personnes avaient due être évacuées préventivement.

Vendredi, l’État, en déployant ses services de sécurité a apporté son soutien technique et logistique aux collectivités en charge de la gestion de crise. A la demande du Préfet, le service de Restauration des Terrains en Montagne (RTM) de l’ONFOffice national des forêts a également réalisé une reconnaissance du bassin versant de l’Arbonne le soir même et le lendemain afin de partager sa connaissance du torrent et son analyse des risques résiduels, permettant de lever les mesures préventives prises la nuit suivant la crue, et de contribuer à définir des interventions à plus long terme.

Depuis plus d’un siècle, le Ministère de l’Agriculture a investi dans le bassin versant de l’Arbonne, afin de limiter les effets de ses crues redoutées de longue date, sous forme de laves torrentielles (mélange d’eau, de terres et de rochers dont l’écoulement par bouffées s’apparente à des laves volcaniques et disposant d’un fort pouvoir érosif). Ces travaux de protection au titre de la politique de restauration des terrains en montagne ont consisté à réaliser des drainages, des reboisements et des ouvrages de correction torrentielle. Si la stabilisation de la branche du Nant Blanc est vaine dans ces terrains gypseux, les travaux dans la branche de l’Arbonne ont permis de la rendre moins sensible aux phénomènes de ravinement et de glissement de la rive droite. Surtout, les barrages de correction torrentielle à l’aval de la confluence avec le Nant Blanc jouent pleinement leur rôle de stabilisation du profil en long du torrent, évitant ainsi que les laves provenant du Nant Blanc ne prennent de l’ampleur en creusant le lit de l’Arbonne.

Ces travaux de protection, ainsi que l’entretien des 26 barrages domaniaux, ont porté leurs fruits ce vendredi.

Plus en aval, les différents aménagements hydrauliques réalisés par la commune notamment après la crue de 1996, ont permis à cette imposante lave de rester dans son lit et traverser les zones urbanisées sans déborder.

La communauté de communes Haute Tarentaise, en lien avec la commune de Bourg-Saint-Maurice a entrepris dès ce week-end une remise en état du lit pour restaurer sa capacité. Une inspection des différents ouvrages RTM dans le bassin versant est par ailleurs en cours.

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Crédit photo : ONFOffice national des forêts 26/07/2019